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C’est quoi ce rouge à lèvres? C’est moche

Le 8 mars 2015, 12:00 dans Humeurs 1

Un humiliant vendredi matin, au bureau


La fraîcheur de l’automne s’écoule sur la ville ce matin-là. Je me réchauffe (et me réveille) avec un café blackissime tout en pianotant sur le clavier de mon PC. Je me réchauffe le coeur aussi. Avec un rouge à lèvres vermeil. A la simple idée de le porter, Je me sens aussi audacieuse que Steve Jobs au lancement de l’Apple III. L’Apple III a été un échec? Ah bon... Steve Jobs ne portait pas de rouge à lèvres? Ah ben tout bien réfléchi, je devrais peut-être en faire de même...

Concentrée sur la rédaction d’un communiqué de presse, mon regard quitte l’écran de mon PC (oui, un PC, pas un Apple III) lorsque mon collègue Gian Luca entre dans le bureau. Mon sourire découvre mes dents blanches et, j’en suis sûre, met en valeur ce rouge à lèvres dont je suis si fière. Vous aussi, vous vous êtes déjà senties grisées par  LE détail make up qui fera LA différence? Parfait… Vous imaginez donc très bien mon état d’esprit du moment. Conquérante comme une amazone. Douce comme une poupée de porcelaine.

Bref, Gian Luca entre dans le bureau pour me saluer, mais semble se raviser... Avant même un bonjour, Gian Luca m’envoie un: “C’est quoi ce rouge à lèvres? C’est moche!” Du genre plutôt cash, Gian Luca ne n’est pourtant pas du genre à me casser en mille éclats de looseuse.

L’image de Steve Jobs l’amazone s’efface de mon esprit. Elle fait subitement place à celle du Joker, la bouche outrancièrement peinturlurée (et en dépassant les bords, en plus). Loin d’atteindre le summum de la distinction et de la classe, je m’écrase lamentablement dans le container des fautes de goûts. Heureusement, c’est vendredi: j’aurai tout le week end pour soigner mes égratignures.

Dans l’heure, je prends une grande décision: welcome lait démaquillant sauveur,  bye bye rouge à lèvres vermeil (du moins au bureau). Une phrase assassine bienveillante, saisissez-la au vol! Gian Luca, avec cet aveu sincère, m’a aidée à rectifier le tir trait de lipstick. Désormais, mes lèvres s’habilleront de fuschia.

Bisous tout rose!

 

On a à peu près le même âge

Le 28 février 2015, 18:19 dans Humeurs 1

Lors du dîner d’une association caritative, avec une interlocutrice de 10 ans (au moins ;-) ) mon aînée

 

Si le “peu près” (dans “On a à peu près le même âge”) se réfère à une durée équivalente à un tiers de ma vie, je comprends que mon interlocutrice ait estimé avoir un âge sensiblement comparable au mien... Mais quand même, ma jeunesse (qui s’effrite cruellement) j’y tiens. Vous ne tenez pas à la vôtre?

Les membres de l’association caritative dont je suis membre s’adonnent à une conversation à bâtons rompus un soir de janvier lorsque mon interlocutrice m’envoie cette gifle chiquenaude sur le menton: “On a à peu près le même âge, toi et moi.” Cette phrase aurait pu être sympa si elle avait effectivement été prononcée par une personne du même âge que moi. Mais bon sang, une décennie nous sépare! Je doute même que mon interlocutrice ait connu le club Dorothée!

Emplis de surprise, mes yeux s'accrohent au premier élément à leur portée et... se posent sur ses pattes d’oie. A cet instant, je pense que mon miroir est un salaud: il atténue mes rides et je suis la seule à ne presque pas les voir. Une réplique (que je m’abstiens de prononcer par respect pour toute personne d’un âge plus avancé que le mien) me traverse l’esprit:” Ah mais non, nous n’avons rien en commun, et surtout pas l’âge!”

Jamais je n'aurais imaginé que ma voisine de table (de 10 ans mon aînée, je répète, de 10 ans mon aînée!) puisse juger bon d'établir une connivence sur un point que nous n’avons pas en commun, à savoir l’âge (qui avance, ça au moins on l’a toutes en commun).

Toujours est-il qu'un satané tic tac tic tac tic tac bourdonne dans ma tête depuis que la phrase venimeuse de mon interlocutrice s’est insinuée en moi. Je me ressaisis: mon interlocutrice savait probablement lire, écrire, compter et... peut-être même rouler en mobylette (oui, je sais, je suis parfois excessive) alors que je n’étais pas née. Donc je re-la-ti-vi-se.

Cette phrase assassine m’a fait prendre conscience que:
1° je suis encore jeune (plus que ce que certains n’imaginent);
2° les “estimateurs” d’âge pour femmes sont bien moins pro qu’un marchand évaluant l’âge d’une jument (un coup d’oeil sur sa dentition et l’affaire est dans le sac);
3° je dois filer chez le pharmacien acheter une crème anti-rides.

Il y a parfois des phrases assassines qui vous font prendre conscience que l’achat de produits cosmétiques n’est pas toujours à ranger dans la catégorie:”futilités”. Sur ce, je vais m'offrir une séance cocooning-masque-de-beauté. Prenez soin de vous.

“Ah, tu ressembles à Ugly Betty!”

Le 13 décembre 2014, 14:44 dans Humeurs 1

Un soir de réveillon - fucking 2013

 

Ce soir, je réveillonne à la capitale. La nouvelle année est celle de toutes les promesses. Hâte de mettre un grand coup d’escarpin à 2013 qui m’a donné du fil barbelé à retordre. Une vraie bitch… qui m’a réservé un dernier sale coup à quelques encablures des douze coups de minuit!

Consigne vestimentaire de la soirée? Tenue chic, détail kitch. Facile: presbytie et hypermétropie obligent, je viens d’acquérir de belles et graaaandes lunettes… Tendance. Bref: j'ai mon accessoire kitsh. Je résiste à l’appel des paillettes et mise sur un kitch sobre. Un dernier exploit pour boucler l’année, et qui booste ma confiance en moi trop souvent vacillante.

Mais… la flamme de ma confiance a été complètement soufflée lorsqu’une convive s’exclame, un mini loempia entre les doigts et des miettes de quiche aux commissures des lèvres: ”Ah, mais tu ressembles à Betty la Fea!” Mon amie et hôtesse de la soirée me jette un regard interrogateur. Je me recompose une dignité, d’un ton noble, j’éclaire sa lanterne: “Ugly Betty”.

Applaudissements de la convive (que j’assimile pour le coup à une otarie sous exta) qui s’émerveille de ma sagacité. L’otarie, visiblement équipée d’une pelleteuse, trouve intéressant d’ajouter ce compliment: “Tout le monde n’est pas capable de porter ce genre de lunettes”. Je lui enfoncerais bien un espadon dans le gosier en lui assurant: “Aaaaah, tout le monde n’est pas capable de l’avaler avec les écailles et les arêtes. A moins qu’une otarie...”

Mais ce soir, c’est le nouvel an. Tout le monde doit s’embrasser à minuit. Donc, je laisse la loi du Talion bien au chaud dans mon étui à lunettes. C’est ça aussi terminer l’année en beauté ugliness.

 

Bref, une dernière bitcherie pour clôturer l’année est plutôt in bon présage, non? Bien sûr, la convive indélicate est aux relations humaines ce que les graisses végétales sont au chocolat: un désastre. Mais l’important est de se dire que 2013 va périr sur l’échafaud du renouveau. Vous aussi vous avez connu une année calamiteuse? Elle vous est passée sur le corps, le coeur et l’esprit comme un troupeau de zébus? Vous vous êtes redressé(e)s? Alors, ce n’est pas une dernière petite m*** qui va vous abattre.

 

Car depuis qu’a sonné le douzième coup de minuit, j’ai  l’impression d’avoir changé de monde. En mieux. En rose, en pailleté ;-), en parfumé à la fleur d’oranger, en rubans de soie, en pâte à cupcakes, en… Bon ok, j’arrête. En tout ce que vous voulez.

 

Pourvu que ça dure. Je vous souhaite une phrase assassine briseuse de mauvais sort. Car parfois, une phrase assassine est la promesse de beaucoup de bonheur.

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