Un soir de réveillon - fucking 2013

 

Ce soir, je réveillonne à la capitale. La nouvelle année est celle de toutes les promesses. Hâte de mettre un grand coup d’escarpin à 2013 qui m’a donné du fil barbelé à retordre. Une vraie bitch… qui m’a réservé un dernier sale coup à quelques encablures des douze coups de minuit!

Consigne vestimentaire de la soirée? Tenue chic, détail kitch. Facile: presbytie et hypermétropie obligent, je viens d’acquérir de belles et graaaandes lunettes… Tendance. Bref: j'ai mon accessoire kitsh. Je résiste à l’appel des paillettes et mise sur un kitch sobre. Un dernier exploit pour boucler l’année, et qui booste ma confiance en moi trop souvent vacillante.

Mais… la flamme de ma confiance a été complètement soufflée lorsqu’une convive s’exclame, un mini loempia entre les doigts et des miettes de quiche aux commissures des lèvres: ”Ah, mais tu ressembles à Betty la Fea!” Mon amie et hôtesse de la soirée me jette un regard interrogateur. Je me recompose une dignité, d’un ton noble, j’éclaire sa lanterne: “Ugly Betty”.

Applaudissements de la convive (que j’assimile pour le coup à une otarie sous exta) qui s’émerveille de ma sagacité. L’otarie, visiblement équipée d’une pelleteuse, trouve intéressant d’ajouter ce compliment: “Tout le monde n’est pas capable de porter ce genre de lunettes”. Je lui enfoncerais bien un espadon dans le gosier en lui assurant: “Aaaaah, tout le monde n’est pas capable de l’avaler avec les écailles et les arêtes. A moins qu’une otarie...”

Mais ce soir, c’est le nouvel an. Tout le monde doit s’embrasser à minuit. Donc, je laisse la loi du Talion bien au chaud dans mon étui à lunettes. C’est ça aussi terminer l’année en beauté ugliness.

 

Bref, une dernière bitcherie pour clôturer l’année est plutôt in bon présage, non? Bien sûr, la convive indélicate est aux relations humaines ce que les graisses végétales sont au chocolat: un désastre. Mais l’important est de se dire que 2013 va périr sur l’échafaud du renouveau. Vous aussi vous avez connu une année calamiteuse? Elle vous est passée sur le corps, le coeur et l’esprit comme un troupeau de zébus? Vous vous êtes redressé(e)s? Alors, ce n’est pas une dernière petite m*** qui va vous abattre.

 

Car depuis qu’a sonné le douzième coup de minuit, j’ai  l’impression d’avoir changé de monde. En mieux. En rose, en pailleté ;-), en parfumé à la fleur d’oranger, en rubans de soie, en pâte à cupcakes, en… Bon ok, j’arrête. En tout ce que vous voulez.

 

Pourvu que ça dure. Je vous souhaite une phrase assassine briseuse de mauvais sort. Car parfois, une phrase assassine est la promesse de beaucoup de bonheur.